TSN: critique de Libération

Publié le par Yohan

  
Demain sort sur les écrans français le très attendu nouveau long métrage de David Fincher, The Social Network. Ecrit par Aaron Sorkin d’après le best-seller de Ben Mezrich, ce film retrace la genèse de Facebook, le réseau social aux 500 millions d’amis. Aux côtés de Jesse Eiseinberg et Andrew Garfield (qui jouent respectivement Mark Zuckerberg et Eduardo Saverin), le chanteur Justin Timberlake incarne Sean Parker, créateur de Napster ayant aidé Zuckerberg à trouver des investisseurs pour Facebook.

 

Sans plus attendre, voici l’entretien mené à Paris la semaine dernière avec l’acteur et pop star Justin Timberlake au sujet du film :

 

Hum.

Bon, vous l’aurez compris, c’est un peu léger. Permettez-nous de vous expliquer pourquoi, en évitant d’avoir l’air de cracher dans la soupe si possible. La semaine dernière, donc, Sony Pictures invite des journalistes à rencontrer l’équipe du film. Est ainsi proposé à Libé de rencontrer en mode junket vidéo, pour le site internet, les trois comédiens principaux du film (Eisenberg, Garfield et Timberlake, donc). On a vu le film, on le trouve très bien, du coup banco, même si l’on se doute que la durée prévue (5 minutes par tête de pipe) ne va pas laisser grande marge de manœuvre.

Une fois sur place, au chic hôtel Bristol, on patiente entre Nikos Aliagas qui tweete comme un fou et une journaliste japonaise (la presse internationale était conviée) avant de rencontrer les acteurs. Petite précision pour les novices (et nous l’étions alors) de ce genre d’exercice : on y arrive les mains dans les poches, les entretiens étant filmés par un prestataire unique sur place, qui vous transmet dès la fin de la rencontre les bandes vidéo. C’est plus rapide, et peu importe si cela explique pourquoi toutes les interviews promo de films hollywoodiens sont identiques dans les journaux télé, de TF1 à la Rai en passant par la BBC. Et la même chose semble désormais valoir pour le web, où la problématique du temps (de lecture) y est pourtant différente. Résultat : les comédiens enchaînent mini interviews après mini interviews comme des bêtes de foire, et les journalistes ont à peine le temps de leur serrer la pince qu’ils sont déjà priés de déguerpir. Encore une fois, rien de scoopesque là dedans, on s’en doutait bien, mais le constater en vrai a quelque chose d’assez sidérant.

 

Au final, nous voilà donc devant un Eisenberg un peu absent (« votre journal a quel âge ? » aura été sa seule marque d’intérêt), un Garfield plutôt cool (on l’a un peu calmé par contre en lui disant que le groupe Facebook « Andrew Garfield fera un super Spider-Man » n’a que 3 membres, « oh man it’s depressing » dira-t-il) et un Timberlake saoulé de devoir répondre pour la 98ème fois à une question sur l’ironie de le voir jouer le créateur de Napster, qui a plus ou moins calmé à vie l’industrie musicale, quand on est soi-même popstar (sa relative froideur nous a même dissuadé de tenter le point Godwin qu’on avait envisagé).

 

Le caractère ubuesque de l’exercice a pour paroxysme le compte à rebours, façon bombe à retardement, qui s’affiche lorsque débute la dernière minute de l’entretien (qui dure 5 minutes en tout, pour mémoire). Alors qu’il restait 20 misérables (enfin dans le cas présent, considérables) secondes pour papoter avec Timberlake, le cadreur impatient nous arrête, prétextant que le temps de poser la question et d’y répondre ensuite « va retarder tout le monde ». OK. C’est l’usine, on ne va pas retarder la chaîne. Du coup, dans la vidéo que vous avez pu voir ci-dessus, nous n’avons gardé que la première question-réponse, histoire de ne pas trop faire perdre de temps aux internautes aussi.

 

 

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